11 Février ( la veille je lui avais envoyé un mail )
Je suis chez un prof, vers Bapeaume. Il ressemble à Fred, mon libraire, et habite un appart, dans un immeuble ensablé, comme dans "Le dernier combat". Les escaliers sont ensevelis sous le sable, et il y en a même dans son appart, que je m’amuse à mettre sous le tapis du bout du pied. Il y a aussi d’autres élèves, dont Jenny, qui semble m’ignorer, très discrète. Je dois rester travailler ici, mais ils décident d’aller en ville vite fait. Je décide de les accompagner, et on prend le train pour rentrer sur Rouen. Je suis assis en face de Jenny, et je l’admire. Lorsqu’on passe le Pont Mathilde, et qu’il ne reste plus qu’une minute de trajet, je me lance. Je lui dis : « Jenny, il y a quelque chose de très important que je voudrais te dire… je t’aime ». Elle ne dit rien, attend un moment, puis s’approche de moi pour m’embrasser...

Jenny, le train, l'envie de lui dire, un baiser hypothétique. C'est un peu ce qu'il reste de "notre" histoire.

2 Mai
Peut-être le rêve que j'attends depuis dix ans.
Je suis dans une gare, ou une station de métro, et il y a Jenny. Ca ressemble aussi à une galerie commerciale ( souvenir de notre séjour à Bruxelles ? ). Bref, je ne me souviens plus si je sors du train ou du métro en même temps qu’elle - toujours est-il qu’il me semble que l’on est avec la classe d’Arts plastiques du lycée de l’époque ( et sans doute aussi à l’époque ). Elle passe derrière moi. Puis je me dirige vers la même boutique qu’elle, pour m’acheter un pyjama, tout comme elle. Elle me dit un timide « bonjour » auquel je réponds rapidement. Peu après, il y a un truc par rapport à un T-shirt Caliméro ( elle m’interpelle parce qu’elle en trouve un, ou un truc comme ça, bref, elle s’adresse à moi - puisque mon surnom au lycée était Kali ). Plus tard, je suis au fond d’une autre boutique de la galerie : un bar librairie je crois. Il y a là une pièce, tout au fond, où je dépose mes affaires. Je suis avec mon ami JC, sans doute en train de boire un verre. Jenny entre et me demande s’il y a une radio. Ca tombe bien, moi aussi je cherchais à écouter une intervention importante de Mitterand ( ça situe donc le rêve à l’époque du lycée ). Dans une pièce privée du bar, David Viola nous prête sa radio. En attendant l’émission, il y a de la musique. Je prends la basse de JC et j’accompagne, pour me mettre en valeur, me donner une contenance, la séduire peut-être…
Et c’est là que commence vraiment le cœur du rêve : on se retrouve dehors ( en sortant du parking souterrain de la Chambre de Commerce de Rouen ), à discuter ensemble, et à se balader dans les rues, jusqu’au Pont Boildieu. Au début, encore dans le parking, où la conversation s’installe, je suis amené à lui avouer de manière détournée mon amour de l’époque ( ah, on est dans le présent ), sans doute pour la retenir, tout lui dire avant de la voir partir, en lui disant : « moi mon bonheur, c’était toi ». On devait évoquer cette époque. Ce qui fait qu’elle comprend mon message, et qu’elle se met donc à me confier qu’elle m’aime depuis toutes ces années elle aussi. Les rues sont grises, mais mon cœur est au paradis. Elle se pend à mon épaule, me serre le bras très fort, et on marche en se racontant. On traverse une espèce de parc ( un rapport avec le jardin botanique de Bruxelles sans doute ) et on en est venu aux confidences les plus intimes, mais sans encore s’embrasser. Je suis tellement abasourdi par ce qui m’arrive que je veux d’abord épuiser toutes ces années d’espoir et de séparation, avant de savourer le bonheur avec elle. Mais elle veut m’embrasser, et nos lèvres s’effleurent, dans les larmes et les gouttes de pluie. Je lui dis que je l’aime, que je l’ai toujours aimée, que c’est le rêve de ma vie, mais que j’aime maintenant Laura, que l’on se reverra et vivra une douce et grande amitié, mais que c’est trop tard.
Elle doit prendre le train pour rentrer chez elle, retrouver son ami. Arrivés près du pont, je lui raconte l’épisode du magasin, où on s’était croisés, et elle me dit qu’elle m’attendait, qu’elle espérait, mais que je lui avais répondu froidement et qu’elle s’était dit que je ne l’aimais pas. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est trop beau, que c’est comme un rêve, et que pour un peu je serais tenté d’en douter - franchement, je me sentais devenir le plus heureux des hommes, j’y étais à fond -, et c’est là que je me réveille.

A la toute fin, j’étais retourné à une soirée avec Laura, et j’avais un poil de chat sur la langue. Je repensais à tout ça… en même temps que je me réveillais. Bref, c’était un très beau rêve, où je me retrouvais avec la Jenny actuelle ( mais elle ressemblait à une autre ), et c’était comme si je n’avais plus de but dans ma vie. Elle m’aimait, m’avait toujours aimé, me le disait, et toute cette quête intérieure, ce fantasme quotidien, cette force qui me pousse, s’annulait d’elle-même. J’en ressentais presque une petite amertume, une déception encore impalpable mais latente. Fin de rêve étrange…