Je pense souvent à cette séquence dans "Domicile conjugal" de Truffaut, à la fin, lorsque Jean-Pierre Léaud dit à Claude Jade, après un dernier baiser : "Tu es ma petite sœur, tu es ma fille, tu es ma mère". Elle lui répond alors : "J'aurais bien voulu aussi être ta femme" et le taxi l'emporte.

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J'aurais tellement aimé avoir une petite soeur. Quand j'étais enfant, vers cinq ans, ma mère m'avait demandé si cela me ferait plaisir d'en avoir une, et bien sûr j'avais répondu positivement. Du coup, j'ai toujours considéré que c'était un manque dans ma vie que cette proposition n'aie pas eu sa concrétisation, un échec involontaire, une sorte de vie telle que je ne la vivrai jamais, en idée. Je vis donc ma vie sans elle, et je respire chaque jour le manque de cette absence...

L'aimer, l'admirer, la voir grandir, la serrer dans mes bras, la voir sourire, me sourire, l'aider de mon mieux, l'accompagner dans l'adolescence, dans sa vie de femme, être son meilleur ami, son confident, partager nos bonheurs et nos tristesses, être fasciné par son énergie et sa grâce, être l'homme de sa vie, qu'elle soit la femme de ma vie. Enfin, je pourrais broder des centaines de pages, je n'arriverais pas à traduire mon sentiment, pourtant si simple.

Bien souvent, chez les filles que j'aimais, je recherchais ce genre de rapport, très tendre et privilégié, même si ce désir n'existait que de mon côté. Ou une amitié profonde. Pas forcément sortir avec et se faire larguer au bout de deux semaines. En tout cas, c'est pour cela qu'après notre séparation, j'appelais mon premier amour, Camille, ma "petite soeur". Mais elle a déjà un grand frère, et s'est éloignée de moi depuis longtemps. Rien ne vaut donc une vraie petite soeur. Celle qui n'est pas là et ne sera jamais là.

Une Inespérée de plus. La première...

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