Comme presque tous les ans en novembre, donc, j'ai fait un rêve avec le souvenir de cette jeune fille.

Déjà, hier matin, il y avait eu une ébauche, mais peu romantique, puisqu'elle était devenue la femme actuelle, qui ne représente plus aucun intérêt désormais - suite à son refus de me considérer tout simplement, amicalement, en répondant à mes missives, et surtout suite à ce que je sais de ce qu'elle est devenue - c'était donc un rêve actualisé où elle était finalement tentée par le bésot, après toutes ces années, et me draguait sévèrement, mais je prenais un malin plaisir à l'ignorer, pour lui rendre la pareille.

Dans le rêve de ce matin, c'est l'époque du lycée, tout est encore en l'état, mais elle n'intervient qu'en toute fin. Au début, je fais des allers et retours entre le lycée ( qui s'apparente davantage à un hôtel, avec de grandes salles et une piscine ), un endroit qui semble être mon appartement ( celui de mes parents à Cabourg ), et chez les parents. Le lycée semble se trouver vers la place Saint Clément ( le quartier où j'ai vécu avec Laura pendant dix ans ). Je crois qu'on est en pleine période d'examens, sur quelques jours d'affilée. Je me rends compte qu'il y a du changement par rapport à ma véritable adolescence, puisque j'ai beaucoup plus d'assurance, et je sais que je plais aux filles. Toutes me regardent en souriant. C'est assez étonnant comme sensation, et très agréable aussi. J'ai l'impression que je n'ai qu'à choisir parmi elles, elles sont toutes désireuses de sortir avec moi, mais je n'en fais rien. Je vis ma vie tranquillement sans trop en tenir compte ( je ne suis vraiment plus le même, quasi insensible donc, à me désintéresser de mes émotions et de cet avantage auprès des étudiantes, c'est à n'y rien comprendre, je dois être le héros d'un film ). Mais dans la dernière partie, je vais redevenir moi-même. Maia me demande de faire le dernier examen avec elle. On doit dessiner en binôme, elle fera le personnage et moi les décors, on essaiera de se voir avant l'examen, pour se mettre au point ( on était les deux rares à habiter à peu près le même coin, même si on ne se voyait jamais en dehors du lycée ). Je crois qu'on est bons amis. Chez les parents, il y a les neveux. Timothée est avec moi dans le salon et dans l'entrée lorsque je revêts mon costume ( la semaine dernière, j'ai mis mon costume, et il y avait les fils de mon cousin ). Lorsque je pars pour le dernier examen de la journée, je pense être en retard parce que ma montre est trop inclinée d'un quart de tour, mais en fait je suis en avance. Je peux donc diminuer mon allure et avancer tranquillement. Il se trouve que je suis en fauteuil roulant, allez savoir pourquoi. Je marche normalement, je ne suis pas handicapé, mais pour ce trajet j'ai choisi d'y aller en fauteuil, et cela ne semble déranger ou n'étonner personne ( hier soir, dans "L'Amour c'est mieux à deux", il y avait une belle blonde sourde muette en fauteuil ). C'est là que je croise Jenny, une camarade de classe, donc, qui ici ressemble tellement à Mélanie Laurent qu'en fait on peut considérer que c'était plus elle que Jenny, mais bref. Elle était avec un petit groupe, au coin de la rue Méridienne, au sortir d'un bar, et lorsqu'elle m'aperçoit en quittant ses amis, elle traverse pour me rejoindre. Elle me sourit. On se connait peu, mais le charme fonctionne. Elle est sublimement belle et désirable. Ce regard, cette douceur, cette féminité, je suis bien redevenu totalement moi, amoureux et bêtement idiot devant les femmes. Ca va mieux d'un coup... Je crois qu'on échange deux banalités, puis pour plaisanter et peut-être parce qu'elle a une idée derrière la tête, elle décide de s'asseoir sur mes genoux pour faire la route. Mais nous n'allons pas bien loin, puisqu'elle se retourne et se met à m'embrasser, et je dois dire aussi tendrement que goulûment. Moment précieux. Sans doute l'attendais-je depuis longtemps. Et peut-être elle aussi. Il semble que cela nous plaise autant à tous les deux, il n'y a donc pas raison que l'on s'arrête. Rien d'autre n'existe. Tout peut advenir. Je suis... comme dans un rêve...

laurent_melanie_29121