J'ai fait une petite pause dans l'évocation de mes souvenirs "sentimentaux". Cela augurera aussi la transition avec les prochains, qui seront plus précis  - mais toujours aussi inutiles - puisque secondés par mes journaux intimes. Or donc, il y a dix huit ans jour pour jour sortait enfin le magnifique "Les Amants du Pont-Neuf", dont je rêvais depuis des années. J'étais alors totalement absorbé par ma passion pour "Mauvais sang" et Juliette Binoche. On l'a vu dans quelques évocations, et on le reverra plus tard...

J'aimerais tant retourner en arrière, à cette époque. J'étais vivant, j'avais des rêves, j'étais amoureux. Je croyais souffrir, et d'ailleurs je souffrais, parce que je me sentais seul, et d'ailleurs j'étais seul, aucune fille ne s'intéressait à moi. Mais j'étais le plus heureux des hommes, parce que c'était une souffrance en surface en comparaison avec ma situation actuelle, et pourtant aujourd'hui je suis beaucoup plus serein qu'alors, plus mûr, parce que je sais que je ne devenais pas fou, comme je le craignais. Mais j'étais insouciant, je pouvais faire ce que bon me semblait, j'étais libre, j'étais moi-même. Je construisais ma propre vie.

Bref, petite séquence nostalgie, pour changer...

Juliette_Doisneau

Juliette Binoche devant le Pont-Neuf, par Robert Doisneau